Blog d’un voyage en Amérique du Sud et centrale
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Villa Elisa

On vous avait parlé d’un petit village dans le nord-est de l’Argentine peuplé par des milliers de descendants d’immigrants savoyards, valaisans et piémontais. On est sûres que ça a attisé la curiosité de tous nos amis de la Yaute alors on vous livre le mystère de l’apparition de cette petite Savoie argentine :

Tout a commencé dans le village voisin de San José, fondé en 1857 par un peu plus de 530 immigrants de la région des Alpes. 109 familles venues du vieux continent ont accepté de tout quitter et se sont vues donner (on a bien dit donner) des terres, du bétail et des matières premières pour construire leur maison, dans le but de peupler et d’enrichir la région à travers l’agriculture. Comment refuser quand en Europe, le travail manquait et l’exploitation des terres des montagnes étaient devenues insuffisantes pour nourrir les familles de plus en plus en plus nombreuses…

40 ans plus tard, en 1889, l’uruguayen Héctor de Elía devient propriétaire de 6 000 hectares de terres situées à une vingtaine de kilomètres de Villa San José. Il décide de vendre ses terres pour une bouchée de pain aux descendants des premiers colons et aux nouvelles familles arrivant de plus en plus nombreuses des Savoies, du Piémont et du Valais (Pensez bien que les premiers arrivants se sont empressés de passer le mot aux cousins du bled quant à leur qualité de vie en Argentine !).

Il fonda ainsi le village de Villa Elisa, qu’il baptisa en hommage à sa femme, parce qu’il était sacrément fleur bleue le Hector…

Villa Elisa

Les enfants des montagnes sont peu à peu devenus de vrais gauchos de la pampa. Les guerres étant la préoccupation principale de la population mondiale, les liens entre les familles « savoyaragentines » se sont peu à peu effacés.

Et ça n’est qu’un siècle plus tard, en 1987, que les curés Juan Esteban Rougier (de Ville Elisa) et Georges Baud (de Savoie) reprennent contact et incitent les familles des deux continents à renouer les liens.
Pour fêter le centenaire de la ville en 1990, un grand rassemblement est alors organisé, et ce sont plus de 400 savoyards, italiens et suisses qui feront le déplacement jusqu’à Villa Elisa. A cette occasion, et comme les montagnards étaient logés directement chez les familles Argentines, tout le village s’est empressé de vouloir apprendre la langue de Molière pour pouvoir communiquer avec leurs cousins ! Et c’est ainsi que les Centres Savoyards de Villa Elisa et San José sont nés.

Aujourd’hui ces centres font partie intégrante de la vie culturelle des villages puisqu’on y dispense des cours de français, mais aussi d’autres langues comme le portugais ou encore des ateliers de dessin, de cinéma, de lecture, de danse, toujours à des fins de promouvoir la culture française et savoyarde auprès de toutes les générations du village.

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On a été super étonnées de retrouver des objets bien de chez nous comme des grolles, des cloches ou encore des croix de Savoie !  On peut vous dire qu’ils en savent un paquet sur notre région, et qu’ils sont bien déterminés à perpétuer les liens qui unissent nos deux continents !

haute savoie

Merci du fond du cœur à Nélida et Elvio Alvarez pour nous avoir ouvert les portes de leur maison. Merci à Anahi et toutes les personnes  du centre pour leur accueil chaleureux et le temps consacré à nous transmettre leur histoire. Merci également à Jean Favre de nous avoir mis en relation avec le centre et nous avoir permis de connaitre ce joli village et ces gens formidables.

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Vous pouvez aider le centre à perpétuer l’apprentissage de la culture française et savoyarde en Argentine en  envoyant toute sorte de supports, comme des livres (romans, livres photo, littérature de jeunesse), de la musique (française et actuelle, on a vu pas mal de cassettes de Michel Sardou et autre Polnareff trainer, il est temps de renouveler leur collection !), des films (VHS ou DVD), des photos, des cartes, des posters, des objets typiques de la région, bref tout ce qui peut les aider à garder contact avec notre petit monde !

Vous retrouverez toute leur actualité sur leur blog et leur page Facebook
N’hésitez pas à contacter Anahi, la coordinatrice du centre, une fille en or qui se donne beaucoup pour le centre,  et en plus elle parle français : ) :  csaboyave@arnetbiz.com.ar

Et jetez un coup d’œil aux noms de famille des savoyards de Villa Elisa, vous n’êtes pas à l’abri d’avoir quelques cousins Gauchos….

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  • Anso • sur 25 septembre 2014

    C’est vraiment excellent cette histoire et ça donne envie d’aller faire les savoyards en Argentine